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Champ d'application

CE 24 septembre 2012, Commune de Valence, n° 342990

4. Considérant, en premier lieu, qu’aux termes de l’article L. 533-3 du code de l’environnement, dans sa rédaction en vigueur à la date de l’arrêté attaqué : « Toute dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés à toute autre fin que la mise sur le marché, ou tout programme coordonné de telles disséminations, est subordonné à une autorisation préalable. / Cette autorisation est délivrée par l’autorité administrative après avis du Haut Conseil des biotechnologies qui examine les risques que peut présenter la dissémination pour l’environnement et la santé publique. Elle peut être assortie de prescriptions. Elle ne vaut que pour l’opération pour laquelle elle a été sollicitée (…) » ; qu’en vertu de l’article L. 533-3-1 du même code, dans sa rédaction alors applicable, si des éléments d’information portés à la connaissance de l’autorité administrative font apparaître un risque pour l’environnement ou la santé publique, cette autorité les soumet pour évaluation à l’organisme précité et peut modifier, suspendre ou retirer l’autorisation ; qu’il résulte des dispositions combinées de l’article R. 533-1 du même code et de l’article 1er du décret du 18 octobre 1993 pris pour l’application, en matière de plantes, semences et plants, du titre III de la loi n° 92-654 du 13 juillet 1992 relative au contrôle de l’utilisation et de la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés que, lorsque les organismes génétiquement modifiés sont des plantes, semences ou plants, l’autorité administrative compétente est le ministre chargé de l’agriculture ; que ce dernier doit toutefois recueillir l’accord du ministre chargé de l’environnement ; que les articles R. 533-2 à R. 533-17 précisent les modalités de présentation et d’instruction de la demande d’autorisation, qui doit notamment être accompagnée d’un dossier technique comprenant les informations mentionnés aux annexes II et III de la directive du 12 mars 2001 relative à la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés dans l’environnement ; que figurent en particulier dans ce dossier « tous les éléments d’information permettant d’évaluer l’impact des essais sur la santé publique et sur l’environnement » ; que ces mêmes articles énoncent les conditions de délivrance et de mise en œuvre de l’autorisation ainsi que les modalités d’information de la Commission européenne et du public ; qu’en application de l’article 2 du décret du 18 octobre 1993, les maires des communes dans lesquelles la dissémination est envisagée sont destinataires du dossier technique accompagnant la demande d’autorisation et peuvent organiser ou demander au préfet d’organiser des réunions d’information auxquelles participe le demandeur ou son représentant ;

5. Considérant qu’il résulte de ces dispositions que le législateur a organisé une police spéciale de la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés, confiée à l’Etat, dont l’objet est, conformément au droit de l’Union européenne, de prévenir les atteintes à l’environnement et à la santé publique pouvant résulter de l’introduction intentionnelle de tels organismes dans l’environnement ; que les autorités nationales ayant en charge cette police ont pour mission d’apprécier, au cas par cas, éclairées par l’avis scientifique d’un organisme spécialisé et après avoir procédé à une analyse approfondie qui doit prendre en compte les spécificités locales, y compris la présence d’exploitations d’agriculture biologique, s’il y a lieu d’autoriser la dissémination d’organismes génétiquement modifiés par leur culture en plein champ ; que, s’il appartient au maire, responsable de l’ordre public sur le territoire de sa commune, de prendre les mesures de police générale nécessaires au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, il ne saurait en aucun cas s’immiscer dans l’exercice de cette police spéciale par l’édiction d’une réglementation locale ; que ce motif doit être substitué aux motifs de l’arrêt attaqué, dont il justifie sur ce point le dispositif ;

6. Considérant, en second lieu, qu’aux termes de l’article 5 de la Charte de l’environnement, à laquelle le Préambule de la Constitution fait référence : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » ; qu’il résulte de ces dispositions que le principe de précaution, s’il s’impose à toute autorité publique dans ses domaines d’attribution, n’a ni pour objet ni pour effet de permettre à une autorité publique d’excéder son champ de compétence ; qu’ainsi l’article 5 de la Charte de l’environnement ne saurait être regardé comme habilitant les maires à adopter une réglementation locale portant sur la culture de plantes génétiquement modifiées en plein champ et destinée à protéger les exploitations avoisinantes des effets d’une telle culture ; qu’il appartient aux seules autorités nationales auxquelles les dispositions précitées du code de l’environnement confient la police spéciale de la dissémination des organismes génétiquement modifiés de veiller au respect du principe de précaution, que la réglementation prévue par le code de l’environnement a précisément pour objet de garantir, conformément à l’objectif fixé par l’article 1er de la directive du 12 mars 2001 qu’elle a pour objet de transposer ; qu’il suit de là qu’en jugeant que la compétence du maire pour adopter l’arrêté attaqué au titre de ses pouvoirs de police générale ne pouvait être justifiée par le principe de précaution, la cour administrative d’appel de Lyon n’a pas commis d’erreur de droit ;

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