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Décret n° 2010-653 du 11 juin 2010 pris en application de la loi relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, JORF n°0135 du 13 juin 2010 page 10913

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Décret n° 2010-653 du 11 juin 2010 pris en application de la loi relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français

I. ― Les zones du Sahara mentionnées au 1° de l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée sont celles qui sont inscrites, d’une part, dans un secteur angulaire de 10 degrés centré sur le point (0 degré 3 minutes 26 secondes ouest, 26 degrés 18 minutes 42 secondes nord), compris entre l’azimut 100 degrés et l’azimut 110 degrés sur une distance de 350 kilomètres, et, d’autre part, dans un secteur angulaire de 40 degrés centré sur le point (5 degrés 2 minutes 30 secondes est, 24 degrés 3 minutes 0 seconde nord), compris entre l’azimut 70 degrés et l’azimut 110 degrés sur une distance de 40 kilomètres et prolongé sur l’axe d’azimut 90 degrés par un secteur rectangulaire de longueur 100 kilomètres.
II. ― Les zones de Polynésie française mentionnées au 2° de l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée sont celles qui sont inscrites dans un secteur angulaire de 100 degrés centré sur Mururoa (21 degrés 51 minutes sud, 139 degrés 01 minute ouest), compris entre l’azimut 15 degrés et l’azimut 115 degrés sur une distance de 560 kilomètres, comprenant les îles et atolls de Reao, Pukarua, Tureia et l’archipel des Gambier.
III. ― Les zones de l’atoll de Hao mentionnées au 3° de l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée sont le centre de décontamination des appareils et du personnel, le centre d’intervention et de décontamination et le centre technique.
IV. ― Les zones de l’île de Tahiti mentionnées au 4° de l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée sont la commune de Taiarapu-Est (comprenant les communes associées de Faaone, Afaahiti-Taravao, Pueu et Tautira), la commune de Taiarapu-Ouest (comprenant les communes associées de Teahupoo, Vairao et Toahotu) et, dans la commune de Hitia’a O Te Ra, la commune associée de Hitia’a.

Le comité d’indemnisation institué par l’article 4 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée est composé :
1° D’un président, conseiller d’Etat ou conseiller à la Cour de cassation, assisté d’un vice-président qui le supplée en tant que de besoin ;
2° De deux personnalités désignées par le ministre de la défense pour trois ans, dont au moins un médecin ;
3° De deux personnalités désignées pour trois ans par le ministre chargé de la santé, dont au moins un médecin choisi en raison de sa compétence dans le domaine de la radiopathologie ;
4° De trois personnalités qualifiées désignées conjointement par le ministre de la défense et le ministre chargé de la santé pour trois ans, dont un médecin choisi en raison de sa compétence dans le domaine de la radiopathologie et un médecin choisi en raison de sa compétence dans le domaine de la réparation des dommages corporels ; l’une d’elles assure la vice-présidence du comité d’indemnisation.
Le président est nommé pour trois ans sur proposition du vice-président du Conseil d’Etat ou du premier président de la Cour de cassation, par arrêté conjoint du ministre de la défense et du ministre chargé de la santé.
Les membres du comité d’indemnisation ayant la qualité de médecin sont désignés sur proposition du Haut Conseil de la santé publique.
Le secrétariat du comité est assuré par les services du ministère de la défense.

Le dossier présenté par le demandeur comprend :
1° Tout document permettant d’attester qu’il est atteint de l’une des maladies figurant sur la liste annexée au présent décret ;
2° Tout document permettant d’attester qu’il a résidé ou séjourné dans les zones et durant les périodes mentionnées à l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée;
3° Le cas échéant, tous documents relatifs aux autres procédures engagées par le demandeur concernant l’indemnisation des mêmes préjudices et les justificatifs des prestations et indemnités perçues à ce titre ;
4° Tous éléments de nature à éclairer le comité dans l’instruction du dossier.

Les demandes sont adressées par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au secrétariat du comité d’indemnisation, qui accuse réception du dépôt de la demande. Si le dossier est incomplet, il invite le demandeur à lui adresser les pièces manquantes.
Le secrétariat du comité procède à l’enregistrement du dossier complet, qui fait courir les délais prévus à l’article 4 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée. Il informe sans délai le demandeur du caractère complet de son dossier par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Le demandeur peut se faire assister d’une personne de son choix à toutes les étapes de la procédure.
Il peut à tout moment présenter des observations écrites et être informé de l’état d’avancement de la procédure. Il reçoit communication de toute pièce versée à son dossier et susceptible d’être prise en compte par le comité d’indemnisation.

Le comité peut faire réaliser des expertises. Lorsqu’il décide d’une expertise médicale, le médecin chargé de procéder à l’expertise est choisi, en fonction de sa compétence dans le domaine intéressé, sur la liste nationale d’experts mentionnée par le deuxième alinéa de l’article 2 de la loi du 29 juin 1971 susvisée. Les frais relatifs à ces expertises sont à la charge du ministère de la défense.
Lorsque le comité recourt à des expertises médicales, le demandeur est convoqué quinze jours au moins avant la date de l’examen, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Il est informé de l’identité et des titres des médecins chargés d’y procéder, ainsi que de l’objet, de la date et du lieu de l’examen. Il peut se faire assister d’un médecin de son choix.
Les frais de déplacement du demandeur sont à la charge du ministère de la défense.
Le rapport de l’expert médical chargé de l’examen du demandeur doit être adressé dans les vingt jours au comité d’indemnisation par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ainsi qu’au demandeur, par l’intermédiaire du médecin qu’il désigne, et, le cas échéant, au médecin qui l’a assisté.

La présomption de causalité prévue au II de l’article 4 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée bénéficie au demandeur lorsqu’il souffre de l’une des maladies radio-induites mentionnées à l’annexe du présent décret et qu’il a résidé ou séjourné dans l’une des zones définies à l’article 2 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée et à l’article 2 du présent décret. Cette présomption ne peut être écartée que si le risque attribuable aux essais nucléaires peut être considéré comme négligeable au regard de la nature de la maladie et des conditions de l’exposition aux rayonnements ionisants.
Le comité d’indemnisation détermine la méthode qu’il retient pour formuler sa recommandation au ministre en s’appuyant sur les méthodologies recommandées par l’Agence internationale de l’énergie atomique.
La documentation relative aux méthodes retenues par le comité d’indemnisation est tenue à la disposition des demandeurs.

Les séances du comité d’indemnisation sont régies par les dispositions des articles 9 à 14 du décret du 8 juin 2006 susvisé.

I. ― Le demandeur fait connaître par lettre recommandée avec demande d’avis de réception s’il accepte ou non l’offre d’indemnisation qui lui est faite par le ministre de la défense.
II. ― L’absence de décision du ministre de la défense dans le délai de six mois à compter de l’enregistrement de la demande par le comité d’indemnisation vaut rejet de la demande. Ce délai est prolongé de deux mois lorsque le comité recourt à des expertises médicales.
Au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la loi 5 janvier 2010 susvisée, l’absence de décision du ministre de la défense dans le délai de dix mois à compter de l’enregistrement de la demande par le comité d’indemnisation vaut rejet de la demande. Ce délai est également prolongé de deux mois lorsque le comité recourt à des expertises médicales.

Après l’article R. 312-14 du code de justice administrative, il est inséré un article R. 312-14-2 ainsi rédigé :
« Art. R. 312-14-2. – Les litiges relatifs aux décisions mentionnées au III de l’article 4 de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence du demandeur au moment de l’introduction de la demande. »

Article 11
Le président du comité d’indemnisation remet chaque année au ministre de la défense un rapport retraçant l’activité du comité.

Les séances de la commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires mentionnée à l’article 7 de la loi du 5 janvier 2010 susvisée sont régies par les dispositions des articles 9 à 14 du décret du 8 juin 2006 susvisé.
Le représentant du ministre de la défense ainsi que les représentants des associations représentatives de victimes et les personnalités qualifiées sont nommés pour une durée de trois ans par arrêté du ministre de la défense.
Les représentants des ministres des affaires étrangères, de la santé et de l’outre-mer sont nommés pour une durée de trois ans par arrêtés conjoints du ministre de la défense et, respectivement, des ministres chargés des affaires étrangères, de la santé et de l’outre-mer.
La commission est présidée par le ministre de la défense ou son représentant.
En fonction de l’ordre du jour, le président peut faire entendre par la commission toute personne dont l’audition paraît utile et solliciter de tout tiers qualifié un avis ou une consultation.
Le secrétariat de la commission est assuré par le ministère de la défense.

Article 13
La ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, le ministre des affaires étrangères et européennes, le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, le ministre de la défense, la ministre de la santé et des sports, le ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’Etat et la ministre auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, chargée de l’outre-mer, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

  • Annexe
    A N N E X E
    LISTE DES MALADIES RADIO-INDUITES MENTIONNÉES À L’ARTICLE 1er DE LA LOI N° 2010-2 DU 5 JANVIER 2010 RELATIVE À LA RECONNAISSANCE ET À L’INDEMNISATION DES VICTIMES DES ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS
    Désignation des maladies
    Leucémies (sauf leucémie lymphoïde chronique car considérée comme non radio-induite).
    Cancer du sein (chez la femme).
    Cancer du corps thyroïde pour une exposition pendant la période de croissance.
    Cancer cutané sauf mélanome malin.
    Cancer du poumon.
    Cancer du côlon.
    Cancer des glandes salivaires.
    Cancer de l’œsophage.
    Cancer de l’estomac.
    Cancer du foie.
    Cancer de la vessie.
    Cancer de l’ovaire.
    Cancer du cerveau et système nerveux central.
    Cancer des os et du tissu conjonctif.
    Cancer de l’utérus.
    Cancer de l’intestin grêle.
    Cancer du rectum.
    Cancer du rein.

Décret d’application de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français

LOI n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français (1)

Toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant d’une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d’Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi.
Si la personne est décédée, la demande de réparation peut être présentée par ses ayants droit.

La personne souffrant d’une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné :
1° Soit entre le 13 février 1960 et le 31 décembre 1967 au Centre saharien des expérimentations militaires, ou entre le 7 novembre 1961 et le 31 décembre 1967 au Centre d’expérimentations militaires des oasis ou dans les zones périphériques à ces centres ;
2° Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 dans les atolls de Mururoa et Fangataufa, ou entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1974 dans des zones exposées de Polynésie française inscrites dans un secteur angulaire ;
3° Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 dans certaines zones de l’atoll de Hao ;
4° Soit entre le 19 juillet 1974 et le 31 décembre 1974 dans certaines zones de l’île de Tahiti.
Un décret en Conseil d’Etat délimite les zones périphériques mentionnées au 1°, les zones inscrites dans le secteur angulaire mentionné au 2°, ainsi que les zones mentionnées aux 3° et 4°.

Le demandeur justifie, en cas de besoin avec le concours du ministère de la défense et des autres administrations concernées, que la personne visée à l’article 1er a résidé ou séjourné dans les zones et durant les périodes visées à l’article 2 et qu’elle est atteinte de l’une des maladies figurant sur la liste établie en application de l’article 1er.

I. ― Les demandes individuelles d’indemnisation sont soumises à un comité d’indemnisation, présidé par un conseiller d’Etat ou un conseiller à la Cour de cassation et composé notamment d’experts médicaux nommés conjointement par les ministres chargés de la défense et de la santé sur proposition du Haut Conseil de la santé publique.
Les ayants droit des personnes visées à l’article 1er décédées avant la promulgation de la présente loi peuvent saisir le comité d’indemnisation dans un délai de cinq ans à compter de cette promulgation.
II. ― Ce comité examine si les conditions de l’indemnisation sont réunies. Lorsqu’elles le sont, l’intéressé bénéficie d’une présomption de causalité à moins qu’au regard de la nature de la maladie et des conditions de son exposition le risque attribuable aux essais nucléaires puisse être considéré comme négligeable.
Le comité procède ou fait procéder à toute investigation scientifique ou médicale utile, sans que puisse lui être opposé le secret professionnel.
Il peut requérir de tout service de l’Etat, collectivité publique, organisme gestionnaire de prestations sociales ou assureur communication de tous renseignements nécessaires à l’instruction de la demande. Ces renseignements ne peuvent être utilisés à d’autres fins que cette dernière.
Les membres du comité et les agents désignés pour les assister doivent être habilités, dans les conditions définies pour l’application de l’article 413-9 du code pénal, à connaître des informations visées aux alinéas précédents.
Dans le cadre de l’examen des demandes, le comité respecte le principe du contradictoire. Le demandeur peut être assisté par une personne de son choix.
III. ― Dans les quatre mois suivant l’enregistrement de la demande, le comité présente au ministre de la défense une recommandation sur les suites qu’il convient de lui donner. Ce délai peut être porté à six mois lorsque le comité recourt à des expertises médicales. Dans un délai de deux mois, le ministre, au vu de cette recommandation, notifie son offre d’indemnisation à l’intéressé ou le rejet motivé de sa demande. Il joint la recommandation du comité à la notification.
Dans l’année suivant la promulgation de la présente loi, les délais d’instruction par le comité d’indemnisation sont portés à huit mois à compter de l’enregistrement de la demande.
IV. ― La composition du comité d’indemnisation, son organisation, les éléments que doit comporter le dossier présenté par le demandeur, ainsi que les modalités d’instruction des demandes et notamment les modalités permettant le respect du contradictoire et des droits de la défense sont fixés par décret en Conseil d’Etat.

L’indemnisation est versée sous forme de capital.
Toute réparation déjà perçue par le demandeur à raison des mêmes chefs de préjudice, et notamment le montant actualisé des pensions éventuellement accordées, est déduite des sommes versées au titre de l’indemnisation prévue par la présente loi.

L’acceptation de l’offre d’indemnisation vaut transaction au sens de l’article 2044 du code civil et désistement de toute action juridictionnelle en cours. Elle rend irrecevable toute autre action juridictionnelle visant à la réparation des mêmes préjudices.

Le ministre de la défense réunit au moins deux fois par an une commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires. Cette dernière peut également se réunir à la demande de la majorité de ses membres. La commission comprend dix-neuf membres dont un représentant de chacun des ministres chargés de la défense, de la santé, de l’outre-mer et des affaires étrangères, le président du gouvernement de la Polynésie française ou son représentant, le président de l’assemblée de la Polynésie française ou son représentant, deux députés, deux sénateurs, cinq représentants des associations représentatives de victimes des essais nucléaires ainsi que quatre personnalités scientifiques qualifiées dans ce domaine.
La commission est consultée sur le suivi de l’application de la présente loi ainsi que sur les modifications éventuelles de la liste des maladies radio-induites. A ce titre, elle peut adresser des recommandations au ministre de la défense et au Parlement.
Un décret en Conseil d’Etat fixe les modalités de désignation des membres et les principes de fonctionnement de la commission.

Article 8

A modifié les dispositions suivantes :

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  1. Décret d’application de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français

    Posté par Samuel Deliancourt | juin 13, 2010, 17 h 12 min

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